Dimanche à Allouagne, l'enfant de trois ans, décédé, et son père, grièvement blessé, ont été fauchés par une jeune conductrice sous l'emprise de l'alcool et de stupéfiants. Sa perte de contrôle pourrait aussi être la conséquence d'un SMS tapé au volant de sa Clio. Le parquet de Béthune va ouvrir une information judiciaire.
Hier matin, la mère et le grand-père du garçonnet, Victor, ont été reçus par Jean-Pierre Roy, procureur adjoint à Béthune, au commissariat de Marles-les-Mines chargé de l'enquête. « La famille est à la fois abattue et très remontée vis-à-vis de la jeune conductrice », indique le parquet. Et pour cause, le ministère public leur a annoncé à cette occasion qu'elle conduisait avec 2,17 g d'alcool dans le sang.
Entendue pour la première fois mardi par les enquêteurs de police, la jeune femme de 20 ans a également reconnu avoir consommé du cannabis lors de la nuit précédant le drame. Ce soir-là, les parents partis en vacances, elle recevait des amis dans la maison familiale où elle réside à Allouagne. Arrosé, l'anniversaire du copain a duré. Tellement longtemps que la jeune femme ne se souvient plus avoir pris le volant le lendemain. Même en fin d'après-midi.
Envois de SMS
Elle ne se rappelle pas davantage des SMS envoyés alors qu'elle conduisait. Le téléphone portable retrouvé dimanche a pourtant révélé leur existence à l'heure de l'accident. « Il y a un écart de 3 à 4 minutes entre l'envoi de son dernier "texto" et le moment où les secours ont été alertés », dévoile le procureur.
Les enquêteurs cherchent désormais à déterminer si le temps qu'il a fallu aux témoins pour donner l'alerte après l'accident était identique. Auquel cas l'utilisation du téléphone portable au volant constituerait une troisième circonstance aggravante, après la consommation d'alcool, et celle de stupéfiants dont on attend encore le résultat du dépistage.
Une quatrième pourrait s'y greffer. Les témoignages recueillis sur place dénoncent une vitesse excessive. Un expert automobile tentera d'estimer l'allure du véhicule à l'aide des impacts sur la Clio et le vélo du petit garçon.
Parallèlement, une information judiciaire va s'ouvrir dès ce matin pour « homicide involontaire avec circonstances aggravantes » et « blessures involontaires avec circonstances aggravantes ».
« S'il n'y a pas d'obstacles du corps hospitalier, le juge d'instruction se déplacera sans doute la semaine prochaine à l'hôpital pour mettre en examen la jeune fille », commente encore le parquet. Où l'on appelle au calme suite aux incidents de la nuit de mardi à mercredi pendant laquelle la demeure des parents de la conductrice a été taguée. « Les inscriptions (des insultes) faisaient clairement référence à l'accident », indique le ministère public. L'enquête n'a pas encore permis de déterminer leur(s) auteur(s). « J'ai mis en garde la famille sur d'éventuels débordements pour ne pas rajouter un malheur à un autre. » Plongé dans le coma depuis l'accident, le père du garçonnet, hospitalisé au CHR de Lille, est toujours entre la vie et la mort. La famille reste, elle, en état de choc. « La mère est effondrée. Le ciel lui est tombé sur la tête dimanche. » •